Le début de chaque mois constitue une solennité [viii] (Rosh Hhodesh ראש חודש)
qui se traduit par un office rituel particulier. Le premier jour du mois est le Rosh Hhodesh, mais si le mois qui se termine
compte 30 jours, alors ce dernier 30ème jour est aussi Rosh Hhodesh et la fête dure deux jours.
Cette particularité remonte à l'époque du Beth Din, l'institution rabbinique en charge de l'application et de la sauvegarde de la Loi juive (halakha), qui était installé près du Temple de Jérusalem.
D'après le commandement de la Torah, la notion de mois ne désigne pas un nombre de jours fixes a priori, mais elle est reliée à la conjonction de la lune.
Le Beth Din s'appuyait sur la déposition de témoins de confiance, qui l'informaient de l'apparition de la nouvelle lune.
Or, si l'événement astronomique intervenait pendant le jour, les témoins ne pouvaient l'observer qu'une fois la nuit suivante tombée. On avait donc manqué la solennité du Rosh Hhodesh !
Pour résoudre cette difficulté, les Sages décrétèrent que lorsque la lune arrivait en fin de cycle,
on célèbrerait le Rosh Hhodesh dans tous les cas. Ainsi, si à la fin du jour de Rosh Hhodesh, l'événement de la nouvelle lune intervenait réellement,
c'est que le jour écoulé était le dernier du mois précédant et que la nuit débutait le mois suivant ; le Rosh Hhodesh était alors prolongé d'un jour pour couvrir le 1er du mois.
Sinon, s'il s'avérait que la nouvelle lune avait bien eu lieu pendant la journée, la nuit apportait le 2ème jour du mois, et la journée écoulée était bien le premier jour, correctement fêté comme le Rosh Hhodesh.
Il semble, de plus, que le doublement de la journée de Rosh Hhodesh était déjà en vigueur avant le Beth Din, pendant l'époque des Prophètes[lii].
En conclusion, chaque 29 du mois, au soir, débute le Rosh Hhodesh. Il dure un jour si le lendemain est le 1er, ou deux jours si le lendemain est le 30.